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– l'oscilloscope –
la télé où il se passe enfin quelque chose d'intéressant

Ceci un oscilloscope.

     Oui, je sais, c’est cher, un oscilloscope (mais bon, vous n’avez pas à payer la Redevance). Ce n’est pas indispensable au début, mais très honnêtement, il le devient très vite. Alors il faut se tourner vers un petit oscilloscope d’occasion, sans prétention, mais sans pour autant acheter une sous-m[...].

     L’erreur à ne pas faire est de se procurer un oscilloscope simple voie, de bande-passante 10 MHz. Non, non, non. On nous vend ça neuf autour de mille francs (cent cinquance euros), mais est-ce vraiment une aide ? Non, non, non, ce n’est pas une aide, c’est un attrape nigaud. Un simple voie, ça sous-entend que l’on ne verra qu’un seul signal à la fois. On peut se dire que c’est suffisant, mais c’est faux. 80 % des mesures se font avec deux signaux que l’on compare. Ou si on ne les compare pas, on a besoin de les voir simultanément. Donc achetez un oscilloscope deux voies. Si vous êtes plein aux as, prenez même un quatre voies, pour épater les copains. Et la bande-passante de 10 MHz, quelle invention ! Il y a quelques années, le standard était 20 MHz. Maintenant, on est passé à 35 MHz. Alors 10 MHz est un retour à l’âge de pierre aberrant. Alors j’en entends deux-trois, là, dans le fond, me dire que de toute façon, on ne travaille pas tous les jours à 10 MHz, donc que c’est bien suffisant. Ahhh ! Oui, mais non. Que veux dire "bande-passante de 10 MHz", exactement ? Ca veut dire que le ’scope affichera un signal sinusoïdal de 10 MHz en l’atténuant d’un facteur 1,41 (racine carrée de 2). Vous lisez 7 V à l’écran ? Vous avez en réalité 10 V. Et si vous tentez d’afficher un signal carré de 10 MHz ? Je n’ose même pas imaginer ce que l’on verra. Mais bon, il se trouve que je l’imagine, malgré moi. Un carré de 10 MHz, c’est une superposition de sinus de fréquences 10 MHz (le fondamental), de 30 MHz (harmonique rang 1), de 50 MHz (de rang 2), de 70 MHz (de rang 3), 90 MHz (de rang 4), 110 MHz (de rang 5), etc. En gros, cela veut dire que votre oscilloscope ne pourra afficher au maximum qu’un signal de fréquence un dixième de sa bande-passante. Et encore, il ne le fera pas correctement (mais on considère que c’est correct). Dur à digérer, non ? Oubliez le 10 MHz. Les autres caractéristiques d’un ’scope sont moins critiques. Néanmoins, on peut citer le testeur de composant qui permet de tester un composant in situ, option qui est très pratique. Sur les oscilloscopes d’occasion, cette fonction ne fonctionne souvent plus... Mais il ne faut pas s’affoler, il suffit d’ouvrir l’appareil (on est électronicien, non ?) et de changer le fusible... Oui, c’est une entrée très sensible, protégée par un fusible de tout petit calibre. Le plus dur sera de trouver ce tout petit fusible dans le commerce...

     Pour débuter (et pour continuer aussi), la marque Hameg fait du bon matériel, robuste, d’un rapport qualité / prix imbattable. Les façades sont très claires et bien organisées. On les trouve (pour 35 MHz) neufs aux alentours de 4000 F (600 euros). D’occasion, on trouve des 20 MHz pour 2000 F (300 euros) (voire moins, j’ai eu mon premier à 1300 francs il y a quelques années).

     Un oscillo’ numérique, c’est mieux ? A voir. Ils ont l’avantage de pouvoir geler l’écran (le stopper), donc de travailler en "monocoup", mais à part ça, c’est compliqué et très cher pour ce que ça apporte à l’amateur. Vous avez besoin de voir un phénomène transitoire ? Alors le numérique s’impose. Dans la boîte où vous travaillez, il n’y a pas un service maintenance ? Et vos enfants, ils ne font pas un cursus d’électronique ? Si ? Allez voir leur prof’ d’élec’, il se fera un plaisir de vous aider. Ou bien allez faire un tour dans le magasin d’électronique du coin, rapportez votre platine et faites mine de vouloir essayer un ’scope numérique (de tarif proportionnel à la tête de votre platine, sinon ce n’est pas crédible...) Le vendeur va peut-être même vous faire la mesure. Et en dernier recours, allez donc voir le gars que vous n’aimez pas trop, là, celui qui se la joue tout le temps. Vu qu’il fait le cake, il a bien dû investir dans un HP numérique, non ? Non, vraiment, le tarif d’un ’scope numérique ne se justifie pas pour l’instant.

     Attention au piège des oscillo’ numériques qui font des mesures tout seuls... Lorsque l’un d’entre eux affiche une tension de 12,48 V alors que votre multimètre de table affiche, lui, 12,56 V, croyez votre multimètre... Toujours. Les oscillo’ travaillent en général à une résolution de 8 bits, résolution correcte pour un écran, mais pas pour une mesure. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que la hauteur de l’écran est découpée en 256 échelons ou pixels (8 bits). On a donc 32 échelons par carreau, puisque l’on a 8 carreaux en hauteur. Si vous êtes en calibre 5 V/div., la résolution de la mesure est donc de 156 mV (5/32). Autant dire que c’est une résolution à chier. Enfin, non : suffisante pour un affichage, mais pas pour une mesure. Si vous mesurez 12,56 V pile poil, l’oscillo’ va afficher soit 12,48 V, soit 12,64 V. jamais autre chose. Le multimètre, lui, utilise généralement un convertisseur interne de 16 bits. Il ne découpe donc pas le signal en 256, mais en 65536... On a alors (pour un calibre comparable à celui notre l’oscillo’) une résolution interne de l’ordre du millivolt. C’est quand même autre chose, non ? En langage clair, le multimètre est généralement 256 fois plus précis que l’oscillo’. A méditer.
     Pour paraître plus crédible, certains constructeurs ont choisi d’éviter un stupide 12,48 ou 12,64 en affichant soit 12,4, soit 12,6. Ils ont en fait réduit la résolution de 50 mV (non, pardon, de 44 mV) par échelon pour paraître plus crédible... C’est quand même fou, ça : on est plus crédible en diminuant la résolution... A vous de juger.


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