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– le multimètre –
l'indispensable mesure-tout

Ceci est un multimètre ["moultipass..."]

     Le multimètre est le seul appareil indispensable à l’électronicien. Un oscilloscope, on peut s’en passer pendant un temps. Un GBF aussi ; il y a toujours moyen de bricoler un astable qui fourni un signal de forme et de fréquence nécessaire sur un bout de table. Mais un multimètre, c’est obligatoire. "Oui, mais c’est cher" TAISEZ-VOUS ! Je ne veux pas entendre ce genre de conneries. Vous louchez sur un joli Metrix à 600 euros ? Continuez à loucher. Effectivement, c’est cher, mais vous tapez trop haut. Beaucoup trop haut. Non, celui qui se sent d’attaque peut se permettre d’aller dans la gamme des 150 à 200 euros. Mais même là, est-ce nécessaire ? Avoir une marque est un gage de qualité, c’est indéniable. Mais pour débuter, s’il faut s’équiper et que l’on n’a pas trop d’argent, alors il faut s’équiper à moindres frais. Ben oui, c’est logique, mais on n’y pense pas forcément. Surtout que l’on se rend vite compte qu’un seul multimètre, ce n’est pas toujours pratique. On branche ici pour mesurer là, on ne se souvient plus de la mesure précédente, et hop, c’est le fouillis. Personnellement, j’ai cinq multimètres, plus un module LCD de 200 mV pleine échelle. Pas moins que ça. Explication. Un "bon" multimètre, un Monacor, acheté en 1989, lorsque j’avais 14 ans. J’avais mis de côté pendant des mois pour enfin avoir un multimètre. Je l’ai eu pour 600 F (597, exactement ; un poil moins de 100 euros), et il m’a toujours rendu (et continu) de bons et loyaux services. Ce n’est pas une marque exceptionnelle, mais en attendant, il fonctionne toujours très bien. J’ai eu à le réparer une seule fois, suite à une mauvaise manipulation. 3615 MAVIE, je sais. A côté de ça, j’ai deux trucs à 50 balles que l’on trouve partout. Et un autre gratuit, qui m’a été offert avec un abonnement. Est-ce grave si ce sont des merdes ? Non. Comment ? Ca ne fait que quatre ? Ah ben oui, j'en oublie un... Bon, OK, là, c'est du lourd : un Metrix MX554 (même au lycée, on n'en a pas d'aussi bons : on est équipé de MX553, ouuuuuh, c'est nuuul !)

     Est-ce important de mesurer 10,27 V (avec le 7 qui n’est pas très stable) alors qu’en réalité il y a 10,32 V, et que mathématiquement (excusez-moi, j’éternue, je suis allergique à ce mot) on trouve 10,112566325488512653221245 V ? Non. Non, vraiment, ce n’est pas important. On a plus souvent besoin d’un ordre de grandeur plutôt que d’une valeur exacte, à trois décimales. Donc pour débuter, rien ne vaut le petit multimètre pas cher, que l’on n’aura pas trop de regrets à voir fumer en cas de fausse manœuvre. Faites fumer votre Fluke tout neuf, et vous ferez une syncope, c’est garanti. En plus, vu le prix, prenez-en deux, vous pourrez comme ça mesurer simultanément deux points différents. Le seul truc est que ces petits appareils bon marché ne font souvent pas ampèremètre alternatif. Mais là aussi, il ne faut pas exagérer, on ne mesure pas des ampères alternatifs tous les jours. Ni continus, d’ailleurs.

     Ce qu’il faut regarder, ce sont d’abord les possibilités offertes. Les fonctions classiques (voltmètre, ampèremètre et ohmmètre), c’est le minimum vital. Mais ce n’est pas forcément suffisant. Souvent, on a aussi les fonctions test de diode (inutile, un ohmmètre fait largement l’affaire) et test de transistor (très pratique pour en connaître le gain exact et, le cas échéant, les apparier). Parfois, on trouve aussi une fonction fréquencemètre bien utile mais souvent pas-fiable-du-tout (non, en fait, il faut surtout avoir des signaux très propres...), un capacimètre qui ne pourra mesurer que des capacités ridicules ou un test de niveau logique bien utile, mais prévu pour une seule technologie (en général TTL). L’arrêt automatique de l’appareil peut être un critère de choix décisif pour les distraits. Combien de fois je me suis fait avoir à retrouver le multimètre allumé... mais éteint...

     L’avantage considérable, d’un point de vue pratique, du bon gros multimètre par rapport au tout petit pas cher, c’est que bien souvent, on a sur l’affichage l’indication de l’unité de ce que l’on s’apprête à mesurer. Donc, moins d’erreurs et plus de rapidité à interpréter la mesure. Et parfois aussi, ils ont un bargraph. Mais tout ça pour un rapport de prix de dix à vingt.

     Le bargraph est très utile pour observer les signaux lents. On n’observe pas des signaux lents tous les jours, mais quand même. Mais le bargraph vient d’où, déjà ? Ben oui, du bon vieux multimètre analogique (ou "à aiguille"). Alors si vous avez un multimètre à aiguille, mettez-le précieusement de côté, et arrêtez de baver devant un bargraph. C’est facultatif.

     Bon, mais j’ajouterai (rendons ses lauriers à César) que le multimètre numérique à bargraph à quand même un avantage sur le multimètre analogique. Tout comme le multimètre très cher à ce même avantage sur celui pas cher du tout. Il s’agit de l’impédance d’entrée. Hé oui, un bon multimètre a comme caractéristique une très forte impédance d’entrée. C’est-à-dire que le montage que l’on teste ne se rendra pas compte de si oui ou non, un multimètre est branché et l’observe. Ou en tout cas, il s’en rendra moins compte. Et ça, c’est bien. Mais relativisons, une impédance d’entrée médiocre ne va pas non plus compromettre le fonctionnement de votre platine préférée, loin de là. Ca arrive dans certains cas particuliers, mais on les connaît vite.

     Dernière chose, que beaucoup de personnes oublient. En mode alternatif, un multimètre a une bande-passante limitée. Cela veut dire qu’il est prévu pour mesurer la valeur efficace d’un signal sinusoïdal (et non carré ou triangle), de faible fréquence (souvent en dessous de 500 Hz). Les multimètres de qualité, donc de prix, peuvent monter plus haut en fréquence et, en prime, s’amusent parfois à faire un calcul mathématique (merci, à la prospérité des vôtres) compliqué pour donner la valeur efficace de tout type de signal. Il sont estampillés d’un "TRMS" (True Root Mean Square ; valeur efficace vraie) du plus bel effet, et d’un tarif qui frôle le ridicule (dans le sens "énorme" !) Mais, OK, j’admets, c’est parfois très utile.

     Une dernière chose : dès que le petit logo low bat se met à clignoter, changer impérativement la pile. Le multimètre indique une valeur plus importante que la réalité lorsque sa pile est usée.


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