Magazine l’Onde Électrique

Introduisons donc,
remercions donc

Un monsieur, Monsieur L., m’a contacté il y a deux ans pour me proposer de récupérer pas mal de littérature électronique et du matériel, aussi. Nous avons pas mal discuté et j’étais bien tenté, notamment par un magazine que je ne connaissais pas, l’Onde Électrique. Je suis parti sur Paris avec ma petite famille et ma remorque pour un week-end et pour des ouvrages (la famille pour le week-end et la remorque pour les ouvrages, hein, pas l’inverse !) Arrivé sur place, des revues du sol au plafond, dans les étagères, dans les armoires, dans les tiroirs, sur la moquettes, sous les meubles… bref, un paradis pour mes yeux. Oui, je sais, je suis curieux. On a visité Paris, rempli la remorque et on est rentrés. J’ai récupéré moins d’un mètre cube, et il en restait beaucoup, beaucoup, beaucoup. Le reste devait partir à la benne peu après, ce qui a du être fait à ce jour. Un grand merci à Monsieur L., donc !

Et un magazine disparu de plus, un !

Un magazine disparu (je n’ai pas les dates exactes de début et de fin), édité par les Éditions Chiron, puis les Éditions Masson. Le basculement s’est fait entre la 53e et la 54e année, je n’ai pas non plus la date exacte. Mais le numéro de novembre 1973 est tellement fin, 32 pages, que je suppose que le changement s’est fait au changement d’année.

Contenu

Les articles sont d’un haut niveau, mais souvent plus physiques qu’électroniques. L’orientation générale est clairement l’appareillage de mesure et l’étude physique des phénomènes et des composants. Disons que cela date du moment ou l’électronique était très physique et calculatoire, alors que de nos jours, on peut faire de l’électronique sans aucun calcul, ou presque. Tout existe sous la forme de briques élémentaires que l’on assemble et que l’on programme.
Au temps de l’Onde Électrique – les années 60-70 pour les numéros que je possède, a priori depuis les années 20 pour le tout début – toute partie élémentaire est un élément discret avec ses propres capacités et propriétés ; c’est aussi une brique, mais elle est plus élémentaire. Pour assembler les éléments entre eux, il faut savoir juger de leurs interactions, et cela passe par les mathématiques. C’est encore ce type d’électronique que j’ai personnellement appris à l’école. Là, les articles vont vraiment au fond des choses. Un article intitulé « Résolution d’un préamplificateur à transistor à effet de champ dans une chaîne de spectrométrie » (n° 488 bis, novembre 1967, p. 1363) n’a pas le même effet qu’une « Minuterie programmable » (Elektor n° 470, mars/avril 2018). On se dit aussi que la lecture du premier ne va pas activer les mêmes neurones que le second. Et enfin, on ne se dit pas qu’en lisant le premier, on pourra en même temps penser à ses vacances au soleil… Mais excusez-moi : je fais un parallèle un peu déplorable pour marquer le coup car, tout de même, le niveau est sacrément élevé. Mais… chez Elektor aussi ! Elektor est très technique, alors que l’Onde Électrique est très physique ; on n’a simplement pas le même angle d’attaque (ben oui, souvenez-vous des briques élémentaires dont je parlais quelques lignes au-dessus).

Un article de novembre 1973, « ASTEC, premier pas vers la simulation à grande échelle des circuits électroniques », de M. HEYDEMANN, nous montre à quel point il a fallu faire du chemin avant d’arriver à des monstres de simulation comme Multisim ou encore Proteus. Cet article nous précise la simulation selon une approche mathématique (ce que font les logiciels actuels, bien sûr), mais on est sur de petites machines, et on en n’est qu’aux balbutiements. On y parle de l’algorithme de Crout (celui qui mange du pain), et on y apprend qu’on est passé de 1041,21 secondes à 41,14 secondes pour réaliser une analyse transitoire d’un circuit composé de 4 portes NAND. Oui, oui, vous avez bien lu : 4 portes. QUATRE, QUATRE PORTES, pas 400 ou 4000, mais bien 4. Ça va, là, je l’ai assez dit ? 4 !

L’Onde Électrique est supervisée par la « Société Française des Électroniciens et des Radioélectriciens », et les articles entrent dans des « sections d’études », c’est-à-dire qu’ils doivent correspondre à un thème particulier, par exemples « Tubes électroniques » (section 4) ou « Calculateurs électroniques. Automatismes. » (section 10). Bon après, on ne donne pas, pour chaque article, la section d’étude, ce qui est dommage.

Un numéro en particulier valait bien un article à lui seul, c’est le numéro 488, de novembre 1967 : c’est par là.

Contenant

Chaque revue est scindée en deux parties : une partie « publicités » et une partie « articles ». Certains numéros étant très épais, la partie « publicités » devient… gigantesque ! C’est le cas du numéro 493, par exemple : 114 pages de publicités, 117 pages d’articles, 25 pages de publicités. Bon, j’exagère un peu, car il n’y a pas que de la pub’ : il y a aussi le sommaire, l’ours, la présentation de ceux qui ont collaboré au numéro, etc. Mais quand même !

La numérotation est aussi très particulière :

  • (attention, accrochez-vous) Les numéros (!) sont découpés en « volumes », qui représentent les années. Le volume 48, donc est la 48e année. Au sein de chaque volume, le numéro est nommé « fascicule ». En assemblant tout ça dans le bon sens, on devrait obtenir une sorte de livre, plein de pub’… Mais comme c’était trop simple, ils ont changé en cours de route. Au début, on a l’année (depuis la 1re) et le numéro (depuis le premier), puis, plus tard, on a le volume (l’année, donc, toujours depuis la première) et le numéro (toujours depuis le premier), puis, encore plus tard, on a le volume (toujours l’année, et toujours depuis la première) et le fascicule (le numéro, donc, mais depuis le début de l’année, cette fois…) Plus tard, la notion de fascicule a été abandonnée pour faire place au simple « n° » (toujours depuis le début de l’année). C’est clair ? Non ? Prenez un crayon, et relisez tout…
  • (dans les magazines, maintenant) Les pages de pub’ and co sont numérotées de 1 à xx. Après, on passe au vrai contenu, les articles, dont les pages sont numérotées depuis le premier fascicule (le numéro, quoi) de l’année. Par exemple, le volume 54, n°10 (décembre 1974) nous permet de savoir que l’année 1974 a été écrite sur 563 pages (table des matières du volume 54 incluse). Les années antérieures ont été bien plus prolixes puisqu’on dépasse les 1000 pages lors du numéro double 484-485 de la 47e année (juillet-août 1967), par exemple. Les pages de pub’ and co, elles, continuent après les articles, en reprenant leur numérotation conventionnelles. Enfin, il aurait été incomplet d’omettre que la numérotation des pages de pub’ and co est passée à de la numérotation grecque lors du changement d’éditeur (Chiron vers Masson). Histoire de rendre les choses plus lisibles, certainement…

Résumons donc

Pour résumer un tant soit peu, je dirais que c’est une revue… heu… compliquée. La numérotation des exemplaires est compliquée, la numérotation des pages est compliquée et le contenu est compliqué. Certains articles sont réellement agréables à lire, d’autres sont d’un niveau qui fait qu’il est difficile de lire par plaisir car il faut rester concentrer constamment.
Mais… ce n’est pas comme cela, qu’on apprend ?

 
prof.maquaire ~ 06032018
document sous licence Creative Commons BY-NC-SA
mars 6, 2018

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